LE BLEU EST UNE COULEUR CHAUDE. Je prend enfin le temps de parler de cette bande dessinée absolument géniale de la non moins géniale Julie Maroh, alias Djou. Je l’ai achetée le lendemain de sa sortie, je l’attendais avec une grande impatience et je n’ai pas été déçue !
C’est l’histoire d’un amour entre deux jeunes femmes, Clémentine et Emma, raconté avec pudeur, délicatesse et sensualité. Julie Maroh nous emporte dans le tourbillon des sentiments contradictoires de Clémentine, engendrés par sa rencontre avec Emma, jeune fille aux cheveux bleus. Il en va de la découverte de soi, de la difficulté de s’accepter telle que l’on est et telle que l’on aime, et d’être acceptée ainsi par son entourage. L’histoire est contée avec tellement de naturel que je pense qu’elle pourrait toucher n’importe qui et pourrait également se raconter au masculin et au sujet d’autres orientations sexuelles. Les dessins colorés à l’aquarelle sont superbes. J’ai beaucoup pleuré en lisant cette bande dessinée, et cela m’a fait un bien fou.
Nous trinquons gaiement avec du vin multicolore. Je ne regrette pas mes abandons et mes changements de camp, rien à signaler de ce côté d’ailleurs, le silence radio lui semble de rigueur. Où l’on découvre que l’amitié ne tient qu’à un fil qui n’est ni celui d’Ariane, ni celui du téléphone. Les groupes éclatent et c’est dans de grands rires sonores que nous fêtons dignement notre condition, un nouveau genre est né, informe, loufoque et dépravé. Les soirées sont bien plus savoureuses, et la bête à nouveau libérée reprend de l’assurance, comme si finalement, la force ne tenait qu’à une mèche si savamment lissée.
à 24 secondes je suis amoureuse, depuis et pour toujours.
15.04.2010 C’est dans un soleil levant qui rougeoie légèrement le gris du ciel que Nantes s’éloigne. Les restes de la ville, la friche puis les premiers arbres font leur apparition. Le paysage défile, chaque poteau semble marquer le rythme de cette mélodie : l’acier qui grince, le train semble chantonner un air régulier, métallique et entre mes yeux mi-clos j’aperçois enfin les reflets argentés de la Loire. [extrait de mon carnet personnel, écrire pour soi plus que pour les autres]
J’ai vu pas mal de films récemment (Cashback, La répétition, Tout le monde dit I love you, Félix et Lola, Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, etc.) mais je ne vais pas tous les lister ici. Je retiendrais aujourd’hui Cashback de Sean Ellis (et avec les très mignons Sean Biggerstaf et Emilia Fox) , qui collait parfaitement à mon état d’esprit du moment. Ce film est avant tout une réflexion sur le concept de beauté (bon ok, “avant tout” c’est une histoire d’amour) et sur le passage du temps, la nécessité de vivre le moment présent, de ne pas se poser en simple spectateur de sa vie. J’ai aimé l’atmosphère feutrée du film, les personnages atypiques, l’humour joyeux luron, les deux secondes d’angoisse, et j’ai même apprécié la happy end (et pourtant c’est tellement mieux quand tout foire à la fin).
J’ai passé trois jours à Strasbourg pour un colloque, et je suis retombée amoureuse de cette ville, si proche de l’Allemagne, simplement européenne… Comme je vais commencer à chercher un stage pour la rentrée prochaine, il serait vraiment temps, je suis un peu à l’affut des bons coins, des endroits agréables où je pourrais poser mes valises pour quelques mois et plus si affinités. En attendant, après le saut, quelques images de mon actuel chez moi où je me sens si bien. Read the rest of this entry »
Dimanche midi, malgré le beau soleil qui inonde désormais la ville, je suis allée au cinéma avec une copine qui déprime un peu voir Tout ce qui brille. On m’avait prévenue : c’est quand même beaucoup moins drôle que la bande-annonce ne le laisse espérer, heureusement qu’Audrey Lamy et Nader Boussandel sont là pour mettre un peu d’humour. C’est même une réflexion assez sérieuse sur les différences socio-culturelles, sur l’envie et sur l’amitié. Il y a pas mal de passages un peu “gnian-gnian” mais globalement on passe un bon moment, l’histoire se tient et on ne s’ennuie pas. Je vous épargne le clip de la chanson du film (la reprise de Chanson sur ma drôle de vie – Véronique Sanson), mais j’avoue que je l’ai écoutée sur le chemin du retour (et je dis vive youtube pour iphone). Évidement les actrices sont toutes ravissantes, minces, ont de beaux cheveux et de belles dents alors on ne va pas applaudir le réalisme de ce côté là, mais elles sont assez bien choisies, qu’il s’agisse de Géraldine Nakache et Leïla Behkti en petites nanas de cité qui rêvent de paillettes ou de Virginie Ledoyen et Linh-Dan Pham en bitches bourgeoises. En conclusion, je dirais que ca se laisse regarder une fois, mais peut-être pas deux.
Je viens de terminer Strawberry shortcakes, de l’auteure japonaise Kiriko Nananan. J’avais également lu Blue il y a un bout de temps. J’ai eu une période manga de 19 à 20 ans, puis ca m’est complètement passé. Je renoue avec plaisir avec ce genre, d’autant que le style de Kiriko Nananan est beaucoup plus “adulte” que celui des mangakas que j’avais l’habitude de lire (mais Ai Yazawa restera toujours dans mon cœur de guimauve). Strawberry shortcakes est construit comme un recueil de nouvelles avec un nombre limité de personnages. En réalité, Kiriko nous raconte trois histoires de jeunes femmes modernes, qui tournent toutes autour des sentiments amoureux et amicaux, et de la difficulté à s’épanouir lorsque l’on est insatisfaite professionnellement ou sentimentalement. Au début j’ai eu un peu de mal à passer d’une histoire à l’autre car les visages des personnages principaux sont vraiment identiques, seules les coiffures changent. Il y a cependant une réelle harmonie entre les histoires qui donne finalement l’impression qu’on en suit plus qu’une seule. Je ne peux pas dire que j’ai adoré ce bouquin (sur la fin j’en avais même un peu marre) mais je ne peux qu’admirer la construction graphique – presque cinématographique – avec beaucoup de cases représentant des objets ou des personnages de trois-quart dos, ce qui crée vraiment une ambiance feutrée assez agréable. Je ne me souviens plus nettement de Blue, une histoire d’amour entre deux lycéennes, mais il me semble que j’avais été un peu déçue, même si comme ici les dessins étaient vraiment sublimes.