Blondie est une fille géniale. Une de ces filles que l’on rencontre un peu par hasard, que l’on apprécie au premier regard, et à qui l’on demande son numéro dans la première demi heure. Blondie est cool, a des amis cools, a une vie cool. Blondie stresse un peu trop, va trop vite à mon goût, se prend beaucoup la tête. Blondie a un défaut, elle me croit merveilleuse, alors que je ne suis que le pâle reflet d’un idéal dont elle rêve depuis trop longtemps. Blondie me fait rire, la porte n’est pas fermée, je vais juste rester de mon côté du couloir encore assez longtemps, assez longtemps pour que certaines lumières s’éteignent, ou du moins se tamisent. Parce qu’il y a des feux que l’on éteint jamais.
Ich mache Hehl daraus.
Ca faisait environ 7 mois que je lui avais promis cette bière. Mais quand il a posé son petit cul de bambi sur mon canapé, qu’il a roulé avec mon shit un joint parfaitement profilé et qu’il a pris la première gorgée de 9 degrés, la seule chose que m’est venue à l’esprit c’était de bien faire attention. De ne pas trop en dire, quitte à passer pour une putain de sainte nitouche psychorigide. “On parle beaucoup de toi, au taf, on te prête des relations”. Très bien, continuez, je ne dirais rien, ce ne sont pas vos affaires. Les gens parlent, j’ai l’habitude, vous pouvez bien penser ce qui vous fait plaisir, m’inventer des histoires de baise à droite à gauche avec n’importe qui. Ce qui importe c’est qui est dans mon lit, et surtout, qui n’y est pas.
Scheiß Trip.
Allongée sur le carrelage de la salle de bain, le teint d’un jaune cireux, je m’efforce de parler à mes copines, qui pouffent à travers la porte, d’un rire insensé, mélange sournois de shit et de tequila. Loin d’être tombée dans le piège de cet alcool cinglant, je dois mon teint de cheval mourant à cette merde en barre marron que j’ai effritée sur la pochette plastique d’un disque de Bob Marley, dans l’euphorie d’un très mauvais cliché. J’inspire, j’expire, le plus profondément possible, les jambes tremblantes et le corps cloué au sol froid. Les bords de la carpette ne remontent pas de chaque côté de mon visage, mais une forte nausée m’indique qu’il en faudrait peut à mon estomac pour se vider, dans un grand brouhaha de contractions révulsées. Je me relève doucement, appuyée sur le bord de la baignoire, j’avance lentement jusqu’au séjour pour y constater la mort d’un cactus, qu’une a renversé par mégarde dans un grand éclat de rire. Je change la musique lancinante, et commence à prier pour qu’elles se lassent et partent, ne rêvant plus que d’une seule chose, enfoncer ma tête engourdie dans l’oreiller moelleux.
Wer hat Jennifer Schecter getötet ?

Vous n’allez peut être pas me croire, mais je n’ai jamais vu la fin de THE L WORD. Je crois que je me suis arrêtée vers l’épisode 603… Je ne sais pas pourquoi je bloque à ce point, surtout que je prends le risque que l’on me raconte la fin avant que je ne l’ai vue par moi même. On m’a déjà dit plusieurs fois que la fin était décevante, et j’avoue que ca partait assez mal à mon goût (Jenny + Shane = WTF !). Je crois que c’est la perspective de devoir dire Adieu à Shane, Bette et les autres. (mais surtout Shane… et Bette).
Mes personnages préférés sont Shane, Bette et Jenny.
Shane est mon idéal physique, ce à quoi dans l’absolu intersidéral, j’aimerais ressembler. Un presque corps de mec, sans bite, et avec des yeux de biche. L’androgyne parfaite, la simplicité corporelle, rien ne dépasse, rien ne déborde, tout est lisse. (névrose mon amour)
Bette est mon idéal intellectuel. Une belle femme, intelligente, douée, torturée aussi, travaillant avec les artistes. Une classe hors du commun, une assurance inébranlable, un chic inné. La femme respectée, reconnue, et pourtant terriblement imparfaite. (vilaine, Bette, vilaine !)
Jenny est le genre de fille qui me plait physiquement. Petite, mignonne, brune et rock’n'roll. Si elle n’était pas si insupportable, elle serait vraiment extrêmement attirante (mais rhaa, cette fille mérite des baffes). C’est aussi le personnage auquel mes amis me comparent, rapport à son esprit tordu et à son naturel capricieux (ce n’est donc pas vraiment un compliment…) Jenny est tout sauf simple, c’est surement pour ca que je l’aime malgré son affreux roquet.
Cette série a quelque chose de mystique pour moi, comme Buffy à l’époque de mon adolescence (et dire Adieu à Buffy, ca a vraiment été dur). Je verrais certainement la fin de TLW cet été, parce que la fin d’une époque, c’est souvent le début d’une autre, et que symboliquement, je vais avoir besoin de passer à la suite. (mais putain, j’ai vraiment pas envie)
Wir wollen dich.
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L’inspiration qui revient, un peu, doucement, fuyante quand même. Un dossier secret réouvert, et quelques mots glissés à l’intérieur, à l’heure du café au lait. Une longue balade avec Belette, pour faire le point, pour s’aérer les cheveux et ce qu’il y a dessous. Des errances, tant sur le bitume que sur la page, des errances qui font du bien, qui calment le grondement sourd qui nous engloutira, si nous ne trouvons pas la force de nous débattre, de nous ébattre, et de nous battre.
J’ai reçu quatre lettres, quatre grandes surprises, quatre grands oui, oui, OUI, nous vous voulons. Et moi, idiote, stupide petite étudiante passive, je ne peux que prier pour qu’on m’attende, et qu’en septembre on m’ouvre encore les bras. C’est important, un master 2, voyez vous.
Ohne Magnetkompass.
Quand la vie vous tend des perches grosses comme des baobabs, c’est qu’il est temps de tout envoyer en l’air et de foncer tête baissée dans le changement. Ahem. Plus facile à dire qu’à faire, car ce serait mettre de côté pas mal de sentiments conflictuels. Envie de partir à la rencontre de nouvelles personnes, envie de suivre une voie professionnelle particulière qui me mènera loin (de ma Normandie natale), envie d’exister autrement, dans le regard de personnes qui n’ont pour le moment aucun à priori sur moi. Envie de rester aussi, envie de savoir à quel vent Elle m’emmène , envie d’approfondir certaines rencontres récentes, envie d’accepter cette place dans la collocation du bonheur, envie de me prouver à moi même que j’ai la force de rester ici, près de ma famille. Ma vie, c’est un dilemme de merde, un saut d’obstacles, une mine d’opportunités à saisir, une dose énorme d’incertitudes. C’est un trottoir avec marqué CHANGE ! en gros traits de peinture blanche. C’est pas facile de garder le cap quand on a perdu le Nord.

