IN SHANE WE TRUST
January 31st, 2009

Guten Appetit !

Une fois n’est pas coutûme, place au blog culinaire, voici ma première “super top giga recette illustrée”. Je vous préviens, c’est de la grande cuisine, la France n’est pas championne du monde de pâtisserie pour rien, je lui ai fait honneur. Lopettes des fourneaux s’abstenir…

Pour un nombre indéterminé de personnes. (On peut très bien tout manger tout seul un soir de déprime par exemple).

Rentre chez toi à 17h. Sors tout le matériel : un four, une pâte à pizza toute faîte, une boîte de concentré de tomate, un grand sachet de gruyère râpé, une assiette, 6 tranches de jambon, un verre à shooter, une plaque qui va au four, du papier sulfurisé, une petite cuillère et un couteau pointu, un verre de rosé, un ouvre-boîte et un yaourt aux morceaux de pêche. Commence par faire la moitié de la vaisselle de la soirée de la veille, mais laisse en un peu pour ton coloc, ca lui fera plaisir.

Étale tout le bazar sur la petite table de ta cuisine, mets le four à préchauffer sur 200. Tu entends le petit tic-tac de la minuterie ? C’est parfait, lance toi. Déroule la pâte sur son papier sulfurisé et commence à découper de petits ronds de pâte à l’aide du verre à shooter. Au bout du 5ème, abandonne et découpe la pâte en petits rectangles avec le couteau pointu en faisant attention de ne pas rayer à nouveau la table (que ton coloc a payée et que tu as déjà rayée avec un cutter en découpant une photo). Fais de petits tas de pâte, puis casse toi la tête à les redécoller ensuite pour les disposer régulièrement sur la plaque de four (sur le papier sulfurisé évidement, sinon ca va coller à la plaque).

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Ouvre la boîte de concentré de tomates, et mets-en sur chaque petit carré de pâte. Vérifie que tu as mis le four à préchauffer, s’il fait toujours tic-tac, considère que tu es sur la bonne voie. Regarde l’heure, il est 17h30, c’est bon, tu es dans les temps.

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Commence à mettre du gruyère sur l’un des carrés puis souviens toi qu’il faut d’abord mettre le jambon. Sors le jambon de son paquet (tu n’utilisera finalement qu’une tranche et demi sur 6) et fais de petits carrés (plus petits que ceux en pâte, sinon c’est pas joli – or au cas où cela serait dégueu tu pourras te rattraper sur la présentation). Dispose sur chaque carré un morceau de jambon. Regarde l’heure, il est 17h40, ca y est tu es à la bourre (parce que ton travail t’a laissé un message à 16h pour te dire que tu commençais à 18h15 au lieu de 19h10, mais que tu as quand même cru que tu aurais le temps de faire de la cuisine avant d’y aller).

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Grouille toi de faire des petits tas de gruyère sur chaque carré et enfourne le tout.

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Il est 17h 53 et tu te rends compte que le four n’était pas branché puisque ton coloc l’avait débranché pour utiliser la bouilloire. Tu n’es pas habillé(e) pour partir au travail, tant pis, fais une pause, mange le bout de jambon qui reste et le yaourt, reprend un bout de jambon avec du gruyère et souviens toi qu’en fait le gruyère tu n’aimes pas trop ca. Vérifie que ca ne crame pas (ca ne cuit pas non plus d’ailleurs) et habille toi pour aller au travail (met tes fringues les plus pourries, là où tu vas tout le monde porte une stupide casquette rouge de toute façon) et check encore une fois le four.

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Il est 18h 08, prépare une seconde fournée en 3 minutes chrono (parce que maintenant tu as grave la technique). Va voir si tu as des emails, fait un tour sur twitter pour dire à des gens qui s’en foutent que tu pars au travail. Il est 18h12, la première fournée est un peu trop cuite, met tout dans une assiette avec du papier d’allu par dessus (tu as compté, il y en a 32 dont 12 pas encore cuits), goutes en un pour voir… c’est un peu secos mais ca ira.

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C’est prêt. (enfin la première fournée parce que tu n’es pas cinglé(e), tu ne vas pas laisser le four en marche pendant que tu es au travail). Pars au travail (une pizzeria !) et tu finiras en rentrant (vers 23h). Range tes minis-pizzas dans un super tupperware spécial micro-ondes et range le tout dans ton petit frigo. Demain tu pourras amener un super apéro noirci à tes amis (prévoit quand même une bouteille, t’auras l’air moins tâche). N’oublie pas de boire ton verre de rosé pendant que tu cuisines ! (Ca donne du cœur à l’ouvrage).

+ + +

(et pour les quelques juristes qui me lisent : ce groupe facebook déchire sa mère : Quand Chuck Norris fait du droit… ex. “Chuck Norris fait des contrats synallagmatiques tout seul”, “L’aléa chasse l’erreur. Chuck Norris chasse l’aléa”, “Chuck Norris liquide la communauté. A mains nues”, “Accessorium sequitur Chuck Norris”)

by Louve | Posted in COOKING, LIFE | 5 Comments » |
January 28th, 2009

Abendstee und Weisheitslehre.

Ma mère est une boulimique de culture (et je me maudis chaque jour de ne pas lui ressembler sur ce point là). Elle lit des milliards de bouquins, regarde des documentaires, lit les journaux, écoute France Inter et France Culture toute la journée, connait tous les musées d’Europe (et d’ailleurs). Elle trouve de l’intérêt à n’importe quel sujet, pourvu qu’il lui apporte de nouvelles connaissances (elle est incroyable). Donc ma mère va au café Philo. Le café Philo c’est un rendez-vous public dans un café, un soir par semaine, avec des philosophes pour débattre sur un sujet proposé à l’avance, ambiance salon d’intellectuels et humour philosophique. Ma mère m’avait demandé plusieurs fois de venir mais je n’en trouvais pas le temps ni la motivation (quand je vous disais que je n’étais pas comme elle). Et puis la semaine dernière avec Belette on est passé à la fin de la séance (pour récupérer la voiture de ma mère – no comment) et on a discuté cinq minutes avec les amis philosophes de ma mère. Alors on a décidé de venir et hier soir on s’est ainsi retrouvées dans ce café bondé avec une tasse de thé vert à écouter et réfléchir sur le thème : “sois belle et tais toi“. Et c’était bon, putain, de faire travailler ses méninges, d’écouter des gens (autres que des profs de droit) s’exprimer dans un français correct, ce qui est de plus en plus rare malheureusement, et exposer des points de vues divers mais argumentés. Ca tournait autour de la notion de féminisme, du concept de femme objet, des relations de pouvoir/oppression/admiration entre hommes et femmes, de la Barbie (1958 en France), des hormones (et des Shemale), ca citait des films (”sois belle et tais toi”, “une ravissante idiote”), ca parlait de l’apparition de l’électro-ménager et du relatif non impact que cela a pu avoir sur la journée des femmes (elles ont toujours une double journée, machine à laver ou pas), ca citait Nietzsche (”la femme, ce charmant petit mammifère”), Aristote et bien d’autres grands penseurs, ca parlait de la place des femmes en philosophie, du rôle de l’éducation et des stéréotypes… La semaine prochaine si je peux y retourner (c’est à dire si je ne bosse pas à la pizzéria) je prendrais des notes. Je suis assez contente car j’ai réussi à prendre la parole (un animateur fait circuler le micro au gré des interventions) pour répondre à une femme qui disait que l’homme cherchait à asservir la femme pour l’empêcher de le détourner par ses charmes des choses de l’esprit. Elle soutenait que la femme empêchait l’homme de faire de grandes choses. J’ai donc parlé de la Muse, qui est au contraire l’inspiration qui permet à l’Homme (au poète notamment) de faire de grandes choses. Pendant la pause clope une femme est venue me dire que la Muse était une créature silencieuse, ce avec quoi je n’étais absolument pas d’accord, un monsieur anglais et Belette avec qui j’en parlais ont même évoqué Gala Dali, muse active du mouvement Surréaliste.

voilà. c’était bien. je reviendrais.

by Louve | Posted in CULTURE, LIFE, PHILOSOPHY | 8 Comments » |
January 27th, 2009

Bildungsreform.

Les exams ont beau être terminés, la galère n’a pas pris fin pour autant. En effet, le gouvernement a présenté un projet de décret devant réformer le statut des enseignants-chercheurs en dépit du bon sens (et encore je suis sympa). Les profs de mon université se sont donc rassemblés en AG et ont voté la grève illimitée ainsi que la rétention des notes (on va devoir patienter un peu, c’est chiant mais c’est le seul moyen qu’ont les profs de vraiment gêner le fonctionnement normal de la facultés), comme bon nombre d’universités en France. Pour rappel, le projet prévoit de donner aux présidents d’université le pouvoir de décider de l’emploi du temps des enseignants-chercheurs (professeurs des universités, les maîtres de conférence et les assistants titulaires) entre enseignement, recherche et tâches administratives. C’est à dire qu’il sera en mesure de décider qui fait suffisamment de recherches et qui n’en fait pas assez, et d’obliger les “mauvais chercheurs” à faire plus d’heure de cours. Sachant que les étudiants ont tout intérêt à être au contact de chercheurs, plus au fait des évolutions de leur matière, cela est proprement aberrant. Les directeurs d’université ne sont clairement pas qualifiés pour juger au cas par cas le travail des enseignants , depuis quand un mathématicien ou un juriste est il en mesure de juger un historien ou un biologiste ? S’il faut réellement  des évaluations, qu’elles soient au minimum réalisées par des personnes qualifiées !  Je résume mais je pense que vous avez saisi l’essentiel et eu vent de ce projet par les médias. Ici, ici ou ici par exemple. Jeudi 29 ma fac sera en grève, avec vraisemblablement un blocus organisé par les syndicats étudiants, et une mobilisation quasi unanime des enseignants. La grève nationale commencera le lundi 2 février.

Et puis (rien à voir mais) j’ai craqué, je me suis enfin offert mon précieux :

microfictions

Ca va clairement être 1010 pages de bonheur.

by Louve | Posted in FRANCE, LIFE, POLITIQUE, SHIT, UNIVERSITY | 9 Comments » |
January 26th, 2009

Juno zwei.

telerama-festival-2008

Le festival Cinéma Télérama, c’est l’occasion de revoir quelques films de 2008 pour 3€ jusqu’au 27 janvier (ouais, demain). Vous achetez Télérama, vous remplissez le coupon, on vous donne un pass et vous vous enfoncez dans un fauteuil rouge moelleux. J’ai revu Juno hier. Ce film est vraiment vraiment vraiment une bénédiction. Pendant 96 minutes j’ai oublié mes soucis, et j’avais de petites ailes dans le dos en ressortant. Dommage qu’elle n’ait pas été là pour tenir ma main dans le noir.

by Louve | Posted in LIFE | 6 Comments » |
January 26th, 2009

Ernstlich.

Voilà, me revoici sur internet, en direct de mon château (comprendre mon F2 colocation) avec plein de nouvelles photos, plein de frustration internetistique à évacuer et plein de névroses à soigner. Il faut croire que pendant mon absence bloguesque, mon cas ne s’est pas arrangé…

hot.

gogogo flickr.

by Louve | Posted in INTERNET | 2 Comments » |
January 16th, 2009

Halli-hallo.

J’ai terriblement hâte d’avoir #1 fini les exams #2 internet à l’appart (ce qui ne devrait pas tarder si j’en crois le monsieur de chez Orange). J’ai terriblement hâte de pouvoir écrire ici quand je veux. Et pas juste quand je peux (parce que ca me bloque).

(y’a du nouveau sur mon flickr, sinon, et puis diptyques reprendra dès que Ophélie sera de retour parmis nous, promis.)

xoxo.

by Louve | Posted in INTERNET | 1 Comment » |
January 10th, 2009

Ich bin nicht so weit weg. Warte mal.

Ne pas avoir de connexion internet n’est pas une raison suffisante pour ne pas écrire, je vous laisse donc mes petits posts des jours derniers – en différé. Mon petit frère va passer à mon appart aujourd’hui pour le visiter et tenter par la même occasion de dérober la connexion internet des voisins – une petite livebox qui me fait de l’oeil à 80% par exemple. Il fait très froid dehors, mais j’ai vraiment hâte d’être enfin libre d’aller gambader dans mon nouveau quartier avec mon appareil photo, pour vous faire profiter de la beauté des colombages du centre ville de Rouen.

07.01.2009

Si vous avez décidé de ne pas faire les soldes le premier jour des soldes – parce que, par exemple, vous avez votre premier exam le lendemain et pas de thunes pour ca, un conseil, ne sortez pas de chez vous. Même pour aller chez l’opticien. Surtout si la boutique de l’opticien est de l’autre côté du centre ville. Traverser le centre ville le premier jour des soldes c’est très très risqué. C’est un coup à revenir chez vous avec une heure et demie de retard, trois nouveaux pulls d’amour (mais qui peut dire non à des cols tunisiens ?), un ensemble soutif-culotte Morgan, un nouveau collier et un taux de culpabilité à faire pâlir les détenus du couloir de la mort. Ma ligne verte à moi se nomme frivolité.

08.01.2009

Je prend des airs de gosse pour qu’on me câline et je récolte des hugs à la pelle. Ce n’est pas du machiavélisme, je ne vole rien, puisqu’on me donne de si bon cœur. Quand le stress des exams sera derrière je m’occuperai de la déco de mon appart aka la maison du bonheur – sauf que là j’enrage parce que mon coloc est sorti et que moi je suis en train de suer sang et eau devant mon putain de cours de compta. Vivement la crémaillère, la musique trop forte et les copains bourrés, alcool, ô joie des jeunes du 21ème siècle, fais nous donc oublier, tout jeunes et cons qu’on est.

09.01.2009

Il y a des soirs comme ca où je me laisserai volontiers faire – mais pas par n’importe qui. C’est le blues de la standardiste, qui rentre du boulot vers 22h50 et s’installe à son bureau pour réviser des exams qui lui semblent autant de montagnes à gravir sans équipement. Ni corde, ni mousqueton, un pas de trop et c’est le grand saut.

Je me laisserai bien faire, donc, manipulée telle un pantin de bois, solide, fiable mais sans vie. Sauf que si je me ment à moi même – je vais bien tout va bien – j’ai pas le nez qui s’allonge.

by Louve | Posted in LIFE | No Comments » |
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