
aujourd'hui, j'ai scanné des Stimorol.
Hier, en sortant des cours. J’avais décidé d’aller soigner mon manque affectif chez H&M. Je marchais d’un pas pressé destiné à décourager les racailles de m’adresser la parole – j’ai ni clopes ni cœur à prendre, et encore moins le reste. Dans le vitrine du siège de France 3 Normandie des écrans diffusent en continu les programmes de la chaine. Un clochard est planté là, fasciné par les images qui s’animent dans le vide. Du vide dans du vide pour combler du vide. Je l’observe un bref instant à la dérobée puis l’oublie instantanément, comme les autres, il n’a jamais existé que l’espace d’un instant.
Dans le magasin j’aperçois la veste que portait une fille sublime, deux matins auparavant, dans le bus de la fac. Honteuse, je la porte au comptoir, la paye par chèque alors que je ne sais même plus si mon compte est provisionné et l’emporte fiévreusement dans son grand plastique blanc. Le vide affectif est toujours là, mais j’ai une nouvelle veste.
La fille qui compte pour moi, celle avec qui tout est si compliqué m’emmène au concert. La jolie voix de Marie Cherrier pendant presque deux heures, bonheur. Cette fille a 23 ans, incroyable de maturité. Et LA chanson “Ben alors quoi” qui traduit exactement ce que je ressens moi même vis à vis du chanteur Renaud : de l’admiration pour son travail passé, de la déception pour son travail actuel. Renaud, je l’aimais déjà quand j’avais 5 ans, c’est vous dire. Si vous ave l’occasion de voir la Marie en concert allez y, elle est pleine d’énergie, ses chansons sont tour à tour engagées ou amoureuses, ca sent le vent, le grand large, les pavés… Je la classe dans mes petits français favoris (avec Mademoiselle K, Thomas Fersen, les Fatals Picards, M, les ogres de barback, Debout sur le zinc, etc…) Bref, j’aime. www.mariecherrier.com

(photo prise avec mon portable, en fourbe, donc toute pourrie)