Si j’écris sous le coup de l’énervement, je sais que je vais dire des choses que je ne penserais plus par la suite. Mais là, tout de suite, maintenant, j’ai vraiment besoin de me calmer. Je ne vais vraiment pas tenir jusqu’à décembre. Rester chez ma mère tout ce temps, devoir supporter ses reproches, ses sautes d’humeur, le fait qu’elle me dise sans cesse que je ne suis pas à la hauteur, pas assez ci, pas assez ca… Bon. Pause. Je ne vais pas tremper mon ordinateur de ces larmes stupides.
C’est quand même dingue qu’à presque 23 ans j’en sois encore à pleurer pour ces histoires à la con. Est ce que c’est parce que je suis fragile depuis que je suis rentrée… la fameuse dépression post-erasmus qu’on est tous en train de traverser ? J’avais pourtant l’impression de bien m’en sortir, entre les amis français, un peu de msn pour garder contact et Veronica Mars. Mais en réalité depuis mon retour ma vie me semble n’être qu’un immense vide, je n’ai de motivation pour rien, je sors boire des verres en me disant que ca m’évitera de rester une soirée chez moi avec ma mère, se tournant le dos, chacune absorbée par son PC et la télé en fond sur des programmes débiles. Je vis seule avec ma mère depuis que je suis née, alors on a une relation assez spéciale. C’est l’amour et la haine étroitement liées. Je suis sa déception permanente, mais je sais à la fois qu’elle sera toujours là en cas de coup dur. Elle est persuadée que tout ce que je fais et qui lui déplait (genre les piercings ou sortir avec telle ou telle personne, être nulle en maths, avoir des goûts différents des siens, ne pas aimer le jardinnage…) je le fais par rapport à elle, pour l’énerver. Mais cette façon de penser m’énerve moi au plus haut point. Je n’ai plus 15 ans, je ne “fais” ma vie en fonction de personne ou en tout cas pas en fonction de mes parents. J’aimerais qu’elle se mette ca dans la tête. J’aimerais qu’elle accepte de voir que je fais des efforts pour elle, envers elle et que je ne reçoit rien (ou presque) en retour. En tout cas pas ce que j’attends, à savoir un peu d’aide et d’attention. J’aimerais qu’elle se rende compte que je ne suis pas si nulle qu’elle se plait à me le dire.
Je me souviens d’une fois, il y a peut être six mois où j’ai dit en rigolant que je voulais être écrivain plus tard. Elle a rétorqué , sérieuse, “commence par écrire quelque chose”, l’air de dire que je ne m’exerçais pas, que je ne faisais rien, que je ne risquais pas d’y parvenir vu comme j’étais partie. Évidemment, comme à chaque fois j’ai explosé de rage et je lui ai dit qu’elle parlait sans savoir, comme toujours, que j’avais un blog sur lequel j’écrivais très souvent, que j’écrivais aussi de courts textes de fiction pour moi, que j’en avais plein mes carnets et mon laptop. Choses que je ne voulais surtout pas lui dire (elle est fouineuse, je lui en voudrai à vie d’avoir lu mon journal intime quand j’étais en 5ème). Je me suis bien mordu les doigts de le lui avoir dit, mais elle m’avait une fois de plus poussée à bout.
Bref, je vais arrêter de me plaindre, écrire tout cela a eu l’effet escompté, je suis presque calmée. De toute façon je sais qu’il est inutile d’espérer que notre relation s’arrange, même si comme elle dit je suis grande maintenant et qu’on pourrait essayer de vivre en bonne intelligence. Ce genre de réflexions qui se passent de commentaires.
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