July 30th, 2008

Vous avez assisté à ses premiers émois dans une bassine, puis dans un aquarium rond, vous l’avez adoré au premier coup d’œil… j’ai la tristesse de vous annoncer que Curly est décédé aujourd’hui. Son petit corps orange flottait à la surface du grand aquarium. En effet, Curly avait emménagé il y a quelques semaines avec un nouveau colocataire (Killer, le poisson rouge marron de Sun et Nougat qui est beaucoup moins beau que Curly) dans un plus grand aquarium que nous avions disposé sur le piano, dans ma chambre. Ce temps est révolu, Killer a désormais toute la place et peut organiser les graviers comme bon lui semble.
Je proclame un deuil franco-allemand à partir de tout de suite et pour une durée indéterminée. Et une minute de silence bloguesque, avantageusement remplacée par un poème que j’aime particulièrement (et que je connais par cœur pour l’avoir appris pour mon cours de Mundliche Kommunikation) :
Hermann Hesse, Im Nebel
Seltsam, im Nebel zu wandern!
Einsam ist jeder Busch und Stein,
Kein Baum sieht den anderen,
Jeder ist allein.
Voll von Freunden war mir die Welt,
Als noch mein Leben licht war;
Nun, da der Nebel fällt,
Ist keiner mehr sichtbar.
Wahrlich, keiner ist weise,
Der nicht das Dunkel kennt,
Das unentrinnbar und leise
Von allem ihn trennt.
Seltsam, im Nebel zu wandern!
Leben ist Einsamsein.
Kein Mensch kennt den andern,
Jeder ist allein.
Ca parle de solitude. Je sais d’avance que vous êtes tous désolés pour Curly, mais pas autant que moi. C’est que j’ai le poid de la culpabilité, voyez vous. Et sa mort qui restera à tout jamais un mystère. (mon ex a une théorie là dessus tout de même : Curly aurait senti mon départ et ne supportant pas l’idée d’être séparé de moi (il devait rester à Hanovre avec mes colocs) il aura préféré mettre fin à ses jours).
(…)
Sans transition, j’ai eu mes premiers mots clefs bizaroïdes :

Je tiens à préciser que je n’ai jamais baisé de grand-mère de 70 ans (du moins pas encore).
July 30th, 2008

Nous descendons les marches du large escalier noir. La musique est de plus en plus forte. Je dépose mon sac près du bar, il m’apporte une Caïpirinha dans laquelle je trempe mes lèvres avec plaisir. Il saisit mon poignet et m’emporte sur la piste. Les hanches des femmes autour de moi ondulent avec grâce, les cheveux tournoient dans un invisible vent. Ca sent le parfum et la sueur, il place ma main sur son épaule et nous exécutons enfin les pas de salsa répétés quelques heures plus tôt dans la chaleur étouffante de ma chambre.
July 28th, 2008

Le vent est très très chaud. Nous sommes allongés dans l’herbe, nos yeux s’égarent dans les nuages, je voudrais ôter mon t-shirt et m’endormir là en l’écoutant parler. Je voudrais que cette vie là n’ait jamais de fin, je voudrais vivre éternellement la joie béate de ces instants. La marie-jeanne tourne, mes lunettes sont dans l’herbe, je regarde en riant les hautes pousses floues qui ondulent au vent. J’appuie sur play et comme tout le monde je me laisse bercer par la douce voix de Bon Iver.
July 28th, 2008

Impossible de décrire ce que je ressent. Dans une semaine je serais surement en France, retour à la case départ. Vendredi soir, dans un coin de cuisine, John, un anglais, me pose la question fatale : “alors, bilan ?”. Je reprends une gorgée de sangria et j’explique ce que j’ai appris, ce que j’ai aimé, ce dont j’ai peur à présent. Il me dit de ne pas avoir peur de retrouver mon quotidien, “de toute façon à partir de maintenant il t’en faudra toujours plus”. C’est bien de ça dont j’ai peur, replonger dans une vie qui ne me satisfait pas, reprendre des habitudes creuses, retrouver le goût amer de la frustration. Mais s’il y a bien une chose que j’ai appris et expérimenté ici, c’est que quand on veut quelque chose il faut se donner les moyens de l’avoir. Je promet donc d’essayer de ne pas passer ma vie à me morfondre. Et puis le vrai bilan sera à faire à mon retour. Pour le moment j’essaye de profiter de mes derniers jours ici, des dernières personnes encore sur les lieux, et puis je vais commencer à faire mes cartons, même si je ne sais vraiment pas par où commencer. Pas vraiment envie de ranger, mais pas le choix non plus, je ne vais pas faire ça le dernier jour, ça non, surement pas. Le dernier jour, je le passerai avec eux.
by Louve | Posted in
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July 26th, 2008
Your result for The Personality Defect Test by Saint_Gasoline …
Smartass
You are 57% Rational, 86% Extroverted, 71% Brutal, and 71% Arrogant.
You are the Smartass! You are rational, extroverted, brutal, and arrogant. In fact, you could very well be the anti-Christ, as you are almost the exact opposite of everything Jesus was supposed to be. While Jesus says love your enemy, you say love beating the crap out of your enemy. While Jesus raises the dead, you raise hell. While Jesus walks on water, you tend to sink. You probably consider people who are emotional and gentle to be big pussies who are obviously in lesser stature than you. You have many flaws, despite your seeming intelligence and cool-headedness. For instance, you aren’t very nice. In fact, you’re probably an asshole. And you are conceited and self-centered. Not only that, but you are very loud and vocal about all this, seeing as how you are extroverted. There is no better way to describe you than as a “smartass”, I’m afraid. Perhaps just “ass” would do, too. But that’s a little less literary and descriptive. At any rate, your main personality defect is the fact that you are self-centered, mean, uncaring, and brutally logical.
To put it less negatively:
1. You are more RATIONAL than intuitive.
2. You are more EXTROVERTED than introverted.
3. You are more BRUTAL than gentle.
4. You are more ARROGANT than humble.
Compatibility:
Your exact opposite is the Emo Kid.
Other personalities you would probably get along with are the Capitalist Pig, the Braggart, and the Sociopath.
If you scored near fifty percent for a certain trait (42%-58%), you could very well go either way. For example, someone with 42% Extroversion is slightly leaning towards being an introvert, but is close enough to being an extrovert to be classified that way as well. Below is a list of the other personality types so that you can determine which other possible categories you may fill if you scored near fifty percent for certain traits.
Si ca vous amuse, c’est là : The personality defect test.
by Louve | Posted in
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July 17th, 2008
Un dernier exam m’attend samedi. Quatre heures, cloitrée dans un amphithéatre à tenter désespérément de comprendre des questions et des cas pratiques en Allemand. C’est l’enfer. Et quand je dis ça, je n’invente pas, c’est du vécu. Un vrai traumatisme au semestre précédent. Evidement on se doute bien que je n’ai pas du tout commencé à réviser et que je vais donc passer une super soirée aujourd’hui après les cours et une super journée demain, priant pour que mon ange gardien vienne encore une fois me sauver de la merde dans laquelle je me suis fourrée toute seule. Au semestre dernier, disais-je, c’est l’unique matière que je n’ai pas validé. Un échec mérité, que faire, à part l’accepter ? Mes bases en Allemand sont toutefois plus solides qu’au premier semestre et j’ai ouvert mes livres de lois à la mi-semestre. Je vais prétendre faire comme si je savais de quoi il s’agit. Pour l’heure je me réveille d’une sieste de près de deux heures, j’ai besoin d’un café.

Et puis ensuite je serais en vacances. Enfin. Les vacances tant attendues, enfin pouvoir profiter pleinement de mes derniers moments à Hanovre, ne plus culpabiliser d’aller en soirée, se lever à l’heure qu’on veut, pouvoir lire, dessiner, écrire sans se dire qu’on devrait être en train de bosser. Et mettre mon bureau en ordre… et puis toutes mes affaires dans des cartons… non, chut. Pas encore…
July 16th, 2008
Le mercredi matin, chez moi, c’est toujours la guerre. Le fief à prendre ? La salle de bain. THE salle de bain. The place to be on the morning.
Le mercredi matin, j’ai cours à 9h. Il faut bien vous dire que 9h, pour une Erasmus, c’est très très tôt. C’est comme si vous deviez aller à la fac à 6h du matin. Donc ce matin, je me suis dit ma fille, cette fois tu vas les avoir. Tu n’as pas de vélo (cause roue arrière crevée), tu dois donc prendre le bus de 8h44. Réveil 7h46, je bondis littéralement de la mezzanine (oui parce qu’il y a toujours ce risque que mes colocs qui sont de l’autre côté du mur entendent mon réveil et aillent à la salle de bain, et comme ils n’ont pas d’échelle à descendre ils me battent de quelques secondes) j’attrape ma serviette et des sous-vêtement et me voilà hirsute et essoufflée dans le couloir. La porte de la salle de bain est fermée, juste le temps de me dire que c’est louche, je clanche… ET LA C’EST LE DRAME. L’Irlande a battu la France, j’entends déjà la douche, j’enrage. Mais la partie n’est pas terminée. Certes, Sun est déjà dans la douche, mais il reste encore un espoir de battre l’Allemagne. Il s’agit désormais de se faufiler à la salle de bain avant que Nougat n’ait posé un pied dans le couloir. Je laisse stratégiquement ma serviette sur le guéridon du corridor et patiente en lisant mes rss d’un œil (l’autre œil étant toujours fixé sur la porte de ma chambre, guettant la moindre apparition de l’ennemie). La porte de la salle de bain grince, j’entrevois Sun passer en serviette de bain, je me rue à nouveau dans le couloir, plus rapide que l’éclair, emportant ma serviette au passage… et remporte la médaille d’argent. J’étais quand même en retard en cours, mais pour d’autres raisons encore plus obscures et qui ne méritent pas de vous être ici racontées.
Et j’ai enfin mes règles, alléluia.