May 22nd, 2010
Il y a deux nuits, j’ai fait un rêve un peu étrange. Le début est désormais tout flouté, je sais simplement que je parlais à ma mère, dans un endroit qui était ma maison, sans l’être vraiment. La suite m’apparait plus nettement. Je suis chez mon père (mais la maison est différente de la réalité). Mon père et ma belle-mère sont partis en me demandant de garder la maison. Je suis là environ trois jours (étrange comme le temps passait vite dans ce rêve), puis il reviennent, et sont quelques heures en avance. Je ne suis pas vraiment prête, je commence à ranger mon bazar à la va-vite. Au moment où je les entend entrer par le sous sol, je réalise soudain que je ne me suis absolument pas occupée du bébé qui est dans sa chambre, depuis trois jours. Je prends peur, je cours vers la chambre, je m’attend à ce qu’il soit mort, la peau bleuie. Il est sur la table à langer, il a l’apparence d’un nourrisson mais il est vraiment grand pour un bébé. Il semble un peu faible mais il respire toujours, j’essaye de me calmer et je réfléchis à toute vitesse à ce que je vais dire aux parents qui arrivent dans le couloir. Je prends la décision de mentir et d’aller faire immédiatement un biberon comme si de rien n’était. J’ai le bébé faible dans les bras, ils arrivent, je me réveille.
Je crois que ce n’est pas excessivement difficile à analyser, j’ai certainement très peur d’être négligente. Reste à déterminer si j’ai peur d’être négligente envers quelqu’un (et qui ?) ou envers quelque chose (mon mémoire ?)…
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May 9th, 2010
A force d’expériences, j’étais partie à contresens. Oh, l’erreur n’a pas duré longtemps, il était toujours tant de faire demi tour quand j’ai rouvert les yeux. Les phares des voitures m’éblouissaient, déclenchant de violents élancements sur mes tempes. Peut être n’était-ce pas des phares de voitures mais des spots de couleur. Peut être que l’autoroute n’était qu’un vulgaire dancefloor, je ne sais pas, je ne sais plus.
Les pieds douloureux d’avoir trop marché, dansé surtout, j’ai traversé en miaulant cet ultime péage, pour finalement m’apercevoir que rien ne m’attendait de l’autre côté. Un blanc, un vide, un espace creux. Je n’ai pas payé et j’ai fait demi tour, penaude de m’être si bien menti à moi même. Mais soulagée, aussi, d’avoir compris à temps, de n’avoir rien donné que je ne puisse reprendre. Le droit chemin m’ouvre à nouveau ses portes, accueillant comme un cimetière, douloureux sûrement, mais terriblement plus gratifiant.
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April 23rd, 2010
Massive Attack – Psyche
Nous trinquons gaiement avec du vin multicolore. Je ne regrette pas mes abandons et mes changements de camp, rien à signaler de ce côté d’ailleurs, le silence radio lui semble de rigueur. Où l’on découvre que l’amitié ne tient qu’à un fil qui n’est ni celui d’Ariane, ni celui du téléphone. Les groupes éclatent et c’est dans de grands rires sonores que nous fêtons dignement notre condition, un nouveau genre est né, informe, loufoque et dépravé. Les soirées sont bien plus savoureuses, et la bête à nouveau libérée reprend de l’assurance, comme si finalement, la force ne tenait qu’à une mèche si savamment lissée.
December 29th, 2009
En route pour la messe de Noël. Contrairement aux 24 années précédentes, nous sommes à l’heure, alors que nous n’avons ni l’une ni l’autre envie d’y aller. Ma mère grommèle que ca fait déjà 57 ans qu’on lui raconte la même histoire de gamin né dans la paille et que franchement, ca commence à bien faire. Arrivée dans l’allée de ma grand-mère, excédée par les commentaires de ma mère sur ma conduite (de pilote, j’ai quand même presque 5 ans de permis) et par cette stupide voiture que j’ai bloquée dans la neige et qui patine en faisant un boucan d’enfer, je plante tout le monde moteur en marche et je pars à l’église dans la voiture de ma tata. Ma grand-mère nous entraine, moi et deux de mes cousins à l’arrière de l’autel, seul endroit où l’on trouve encore des places dans cette église bondée. Le curé, un grand africain charismatique, commence par avertir l’assemblée que les gosses qui vont jouer le conte de Noël ne sont pas des acteurs professionnels. En effet, certains savent à peine lire leur texte et les deux pauvres qui jouent Marie et Joseph passent toute la messe assis au coin de l’autel, frigorifiés. Entre le curé et moi, des enfants de cœur sont assis : des gamines de 13 ans, dont les bottes en faux cuir dépassent de l’aube, affublées de coiffures plus_pouf_tu_meurs. De la grenouille de bénitier à la pouffiasse de sacristie, la frontière est ténue. Le conte de Noël enfin terminé, au grand soulagement de l’intégralité de la nef, le curé se lance dans une longue tirade et je me lance dans un courte sieste. Le chef des scouts, que dans ma famille on appelle communément le “guitariste fou”, me sort de ma léthargie. Il a visiblement mis son micro encore plus fort que les années précédentes : toute l’assemblée reprend en chœur mais on entend que lui. Je me concentre sur le curé qui digresse à présent sur une histoire de caméscope acheté sur ebay. Un vieux sacristain passe devant moi, et se planque derrière un pillier. Il sort son iphone (blanc, histoire de rester dans le ton) et scrole tant qu’il peut (le Pape est-il sur twitter ?). Un gros bourgeois se pointe avec un môme de deux ans et le lâche vers nous. Le petit ne se démonte pas, grimpe sur l’estrade de l’autel (visiblement le fait que son rejeton soit mal élevé n’émeut pas le géniteur), le gosse gambade autour du curé, devant tout le monde. Derrière moi une petite crie “bravo !” toutes les 5 minutes depuis le début de la messe. Une procession d’enfants fait le tour de l’église pour venir disposer des bougies sur le sol de l’autel. Le curé, emporté par sa verve, se met à tourner en rond autour des bougies. Le fil du micro en bascule deux sur le sol, une bigote se rue à quatre pattes et évite de justesse l’incendie. L’aube du curé virevolte, ruinant au passage l’énorme bouquet qui orne le devant de l’autel. J’entonne une à une les magnifiques chansons, en pensant très fort à Oldelaf et Monsieur D. Le gros plein de soupe à côté de ma grand mère chante fort et fort faux, je ravale mes fous rires et je reprends de plus belle, sûre qu’à côté de lui personne ne m’entendra. Le curé clôt son discours sur un flot de bonnes paroles, pardonnez à ceux qui vous ont offensé, blahblah (je n’ai toujours pas réussi à faire le lien avec le caméscope…) et souhaite à tout le monde un joyeux Noël. C’est enfin l’heure des trois C : champagne, chapon, cadeaux !
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December 12th, 2009
Je baisse le ton, je détourne un peu le visage pour que les autres protagonistes ne puissent pas saisir le sens de mes mots. “Vous vous êtres rencontrés comment ?”. Son visage s’empourpre, ses mains s’agitent, il mime le geste de taper sur un clavier d’ordinateur, gêné. “Ouais, c’est pas grave, on sait bien que c’est plus simple”, lui répons-je, d’une voix rassurante. Il m’explique, en phrases courtes, la teneur de sa relation. Il n’en est pas de parfaites, nous le savons bien tous dans mon salon baigné d’une lumière tamisée. Nous faisons comme si, pourtant, animés et souriants, le nombre dissimulant les gênes et les questions, et c’est un anniversaire en avance que l’on fête. Les musiques défilent, quelqu’un, entre deux verres, lance l’idée d’un blind test, et les musiques défilent encore. Au matin nous entendons, à travers la porte, les derniers convives qui s’en vont, et un mot sur la table nous arrache un sourire. On se regarde, elle rit, je ris, courte nuit, chouette vie.
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November 18th, 2009
La fille la plus cool de la terre mesure 1m52. Elle est obèse et possède un visage d’ange, sous ses cheveux rose bonbon. La fille la plus cool de la terre m’a fait mouiller mon soutif rien qu’au son de la voix. La fille la plus cool de la terre s’appelle Beth Ditto, et en une heure et demi elle a changé le Bataclan en une immense piscine de sueur.

Lorsque les premières notes de Dimestore Diamond résonnent, je sens mon cœur qui s’accélère. La géniale Hannah frappe les peaux de la batterie, ma chanson préférée ouvre merveilleusement bien ce concert, l’un des meilleurs de ma vie (peut-être bien LE meilleur). Beth Ditto est une icône, à la fois adorable et charismatique, attentionnée envers son public et rigolote, féline et féminine, elle met généreusement le feu à ma culotte à une salle pavée de groupies qui n’attendent qu’elle et ses yeux charbonneux. Sa voix éclate, résonne, emplit l’espace, un orgasme pour les oreilles. Je suis tout près, pas un détail ne m’échappe, je la trouve aussi sublime et puissante que ses vocalises. C’est une perle en sous-vêtements noirs et serviette éponge sur la tête qui termine le fabuleux concert sur ce mot qui résume tout : UNITY.
Les photos sont sur mon flickr, les souvenirs sont dans ma tête, c’est officiel, Beth Ditto, gamine fêlée de l’Arkansas, je t’aime au moins autant que Shane.
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September 6th, 2009
Imagine me and you, I do
I think about you day and night
It’s only right turtles . happy together
Il y a des week-ends où, accrochée à ma bière, je manque de tomber sous le poids de leurs mots. Je ne me rends généralment pas compte de ce que je provoque chez certaines personnes, je feins de l’ignorer – moi ? mais pourquoi ? Seulement, quand les mots sont clairement ordonnés, rangés pour faire sens, et qu’on vous les balance en pleine figure – JE n’envisage pas ma vie sans TOI – peu m’importe a quelle place, JE te veux près de MOI – TU es la fille avec qui JE l’ai vu le plus EPANOUI – JE t’aime aussi, ca va aller - pas moyen d’esquiver. Ces gens n’ont rien à voir entre eux, ces mots non plus, étalés sur les longues heures de deux soirées différentes, un vendredi magic pub, un samedi dancing queen, mais que voulez vous, ils traduisent une seule et même réalité, un seul et même amour, une confiance, des amitiés. Se sentir à la hauteur de tant d’espoirs, ne pas les décevoir, c’est franchement pas gagné, alors en attendant, je m’enfonce dans la nuit, casque sur les oreilles, des larmes plein les joues. Soldout – The shape of :
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